Lors du dernier conseil national, le groupe Convergences réformistes a cherché à se positionner dans une démarche de rénovation. Dans le flou actuel sur le projet que peut porter la gauche, nous avons voulu réaffirmer deux fondamentaux qu’une rénovation ne peut et ne doit pas occulter, le lien avec l’ensemble de la gauche et la réaffirmation du clivage droite gauche. Á partir de ces fondamentaux, pour que la gauche puisse se rénover nous avons voulu appeler à des assises de la jeune gauche. Moment qui pourrait être celui d’un brassage des idées, des analyses et d’émergence de propositions nouvelles. Dès voix de la majorité nous ont expliqué que c’était là enfoncer des portes ouvertes, inutile pour faire le débat puisque tout le monde était d’accord. Il est vrai que la majorité avait une position très originale, passer toute une contribution à affirmer que Nicolas Sarkozy n’est pas le président du pouvoir d’achat, c’était sûrement faire preuve d’une grande audace intellectuelle.
Le problème de la majorité, indépendamment du fait d’enfoncer une porte ouverte, c’est qu’elle ne prend pas la bonne. En donnant toute la place à Sarkozy, elle rentre dans son jeu, dans sa capacité à faire toute l’actualité médiatique. Elle se situe ainsi en seule force de réaction, incapable d’incarner une alternative. C’est suivre ainsi la droite ligne de ce qu’a été le parti socialiste de 2002 à 2007, un parti perçu comme n’ayant pas de projet, parti qui peut bien gagner des élections intermédiaires, profitant du vote de rejet du gouvernement, mais auquel les électeurs n’adhèrent pas. Fondamentalement c’est là la perspective du groupe majoritaire TAG, rappelé par un de ses membres qui nous appelait à être des gardiens du temple, incapable donc de rénovation ou d’innovation, de porter de nouvelles solutions aux problèmes économiques d’aujourd’hui, il nous condamne à être des nostalgiques des années 81-83.
Le fait que même les gardiens du temple en soient eux aussi à parler de rénovation, même si c’est pour n’y mettre aucun contenu, montre à quel point l’idée s’est imposée qu’il y avait bien quelque chose à changer, à réformer à gauche. Les assises de la jeune gauche ne sont ainsi qu’une des nombreuses initiatives possibles. La porte est en effet grande ouverte, reste à la passer.
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