Chers camarades,
Pendant quelques semaines, lors de nombreuses assemblées générales, nous avons confronté nos points de vue, marquer nos exigences lors d’un débat franc, serein et constructif.
Notre texte Debout la Gauche, est le symbole d’une prise de responsabilité collective et de la volonté qui anime chacun d’entre nous de relever un défi : celui du renouveau idéologique, structurel et générationnel de notre famille politique.
Pendant cette période, nous avons su dépasser nos a priori. Notre dernier Conseil National a montré d’ailleurs que nous pouvions élaborer en commun une ébauche de projet et apporter notre réflexion au processus indispensable de refondation de la Gauche.
Je voudrais que ce processus dont chaque jeune Socialiste peut être fier ne soit qu’une première étape. Il nous faudra dans les mois à venir déterminer notre positionnement sur un certain nombre de questions fondamentales et continuer le travail entrepris ensemble. Ce travail ne fera pas sans débats, sans exigences et sans aborder les thèmes qui pour nous sont essentiels. Il faudra parfois trancher nos désaccords et élaborer une ligne intelligible par tous.
Unité, mes chers camarades, ne signifie et ne signifiera jamais unanimisme.
Notre chantier est immense, nous le savons. Il faudra se heurter à la réticence de ceux qui préféreront la division de la gauche à l’union nécessaire. Cela signifiera aussi démonter les arguments de ceux qui voudront limiter cette refondation à de simples changements de logos ou à des annonces de nouvelles coalitions.
Cette entreprise sera longue et difficile. La Gauche est confrontée à plusieurs difficultés.
Nous sommes face à une droite décomplexée, qui attaque et impose sans tabous le tryptique - immigration, insécurité, identité. Nous ne devons pas la laisser imposer ses définitions de la Nation, de l’Ordre, du travail et dans bien d’autres thèmes.
Pour cela, il faut construire une gauche nouvelle sans raccourcis, sans artifices ni tabous. Il faut gagner la bataille des idées et renouveler notre logiciel idéologique. Cela signifie notamment tenir compte des réalités nouvelles tout en réaffirmant ce pourquoi nous nous battons : la lutte contre les inégalités et plus généralement la lutte contre les mécanismes de reproduction sociale et les inégalités territoriales en aidant les personnes et terriritoires fragilisés par les mutations économiques, l’accès de tous à l’éducation et à la santé sur un modèle autre que celui que Nicolas Sarkozy voudrait nous imposer.
Notre nouveau socialisme doit aussi savoir retenir les leçons du passé.
Nous avons trop souvent montré notre incapacité à donner une lecture du monde. Fondamentalement, la tâche de la politique ne consiste pas seulement à apporter des réponses aux problèmes rencontrés par les électeurs. Dans un monde complexe, il faut savoir fixer des repères et produire une grille de lecture dans laquelle chacun puisse se situer.
Nicolas Sarkozy a construit un discours autour d’une vision caricaturale et fausse mais efficace et compréhensible: ceux qui veulent s’en sortir face à ceux profitent du système, les fraudeurs d’un côté, la France qui travaille de l’autre, les honnêtes gens face aux délinquants.
La droite et Nicolas Sarkozy sont dans l’illusion plutôt que de l’action : mieux vaut donner l’impression d’agir en faisant preuve de suractivité médiatique que de s’attacher à régler réellement les problèmes.
Dans une société où il faut pouvoir réduire pour arriver à séduire, voilà donc la Gauche renvoyée à un combat fondamental.
Le réformisme, il ne faut pas l’oublier, inscrit l’action politique dans la durée. Comment faire accepter alors le temps nécessaire à la mise en place des politiques publiques alors que notre monde revendique l’efficacité de l’action politique sur une courte durée? Répondre à ces questions sera essentiel.
Il nous faudra aussi inventer une nouvelle pédagogie de l’action politique. Celle-ci devra trouver les moyens d’associer les citoyens encore plus étroitement, en instaurant un dialogue permanent, en multipliant les initiatives de démocratisation et de transparence, en s’appuyant sur les corps intermédiaires pour donner un sens et une permanence aux processus de réforme.
Dans ce monde tourmenté, dans cette société anxieuse, nous rappelons donc que la gauche française a une responsabilité historique. Plus que jamais, nous voulons ici réaffirmer que nous croyons au progrès par la réforme. Il ne s’agit pas pour nous de sacrifier notre idéal par facilité d’adaptation ni de vivre 1968 par procuration, mais bien de partir du réel pour changer la société .
Dans ce monde dérégulé et forts de notre vécu, nous sommes ainsi convaincus que la réponse politique de la gauche devra être internationaliste et européenne, réformiste dans la méthode et radicale dans les ambitions.
Un nouveau champ du possible est donc à inventer. Nous voulons participer à ce processus, porter nos revendications et permettre au MJS, notre organisation, de porter une alternative crédible, moderne et ambitieuse qui ne se limite pas à la conservation des acquis ni ne se résigne à l’accompagnement du néo libéralisme. Il s’agit de promouvoir un modèle de développement efficace, juste et durable. Le socialisme ce n’est pas non plus la rupture mais l’émancipation vis-à-vis de toutes les aliénations.
A notre génération de dessiner les contours de ce nouveau socialisme.Nous ne voulons pas d’une Gauche inactive mais d’une Gauche en mouvement, nous voulons qu’elle se fasse entendre plutôt que de se réfugier dans le silence.
A nous de construire vers les victoires de demain !
A nous d’agir !
Dans cette tâche longue et périlleuse qui nous attend, la Gauche pourra compter sur le MJS, le MJS pourra compter sur nous.
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